En trois mois, Yakin s’y est pris comme un chef

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Ils ont été plusieurs, avant lui, à être sondés pour prendre le relais de Vladimir Petkovic. Tous ont refusé. Par peur de ne pas réussir à qualifier la Suisse pour la Coupe du monde 2022? On peut le penser. Murat Yakin, lui, n’a pas hésité. Peut-être parce qu’il savait que son poste à Schaffhouse n’était pas vraiment gratifiant comparé à un siège de sélectionneur national, mais il n’empêche: lui a osé, alors que tant d’autres ont reculé.

Le Bâlois, qui avait déjà coutume lorsqu’il était joueur de mettre la tête où certains n’osaient pas mettre le pied, a pris sa nouvelle fonction à bras-le-corps, avec le plus grand des sérieux. D’aucuns l’ont décrit comme fumiste et pas vraiment travailleur, ce qui est a priori le cas lorsqu’il tient les rênes d’un club, mais les internationaux ont découvert un bosseur, qui voue une immense confiance à ses hommes. Il n'est peut-être pas l'homme d'une saison, mais bien l’homme d’une semaine internationale, celui qui ne laisse rien au hasard.

Que son groupe ait des blessés, forcément, ne peut le laisser insensible, mais «Muri» tourne rapidement la page. Il se concentre sur ceux qui sont là. Il travaille avec ceux qu’il «sent» là. Ne répète-t-il pas que chaque rassemblement est différent et que c’est ce qu’il ressent de ses protégés qui le conduit à dresser son onze de base? «Je m’adapte en fonction de ce qui se passe», dit-il. Personnage malin, qui sait se vendre, l’ancien défenseur international n’a pas bouché tous les espaces dans sa nouvelle fonction. Certes, il a d’abord voulu s’assurer que «sa» Nati disposait d’une certaine assise défensive, mais il a prôné le jeu. Encore et toujours. Jamais son groupe n’a prôné le «je».

C’est aussi ce qui peut expliquer les raisons d’une qualification directe assez inattendue; le technicien de 47 ans a su préserver le collectif, le dynamiser peut-être encore davantage après le départ de «Petko». On voit une équipe de Suisse qui n’a plus peur grand-chose, qui ne recule plus devant les grands, qui sait aller les chercher, les bousculer. La manière avec laquelle les hommes de «Muri» ont empoigné le match de Rome en dit long sur ce qui se passe dans ce vestiaire rouge à croix blanche, en dit beaucoup sur la foi qui habite ce groupe. Apprécié par ses joueurs, même applaudi par la salle de presse après la qualification acquise face à la Bulgarie, Yakin fait un carton.

Il a, au soir du 15 novembre, remporté son 1er pari. Celui que tant d’autres n’ont pas voulu relever. Le voici désormais avec onze mois devant lui pour grandir encore avec son équipe. Certes, l’intéressé ne travaillera pas pendant les 330 jours à venir, mais on peut compter sur lui pour qu'il soit prêt le 21 novembre 2022. N’est-ce pas là tout ce qui compte?

 

Arnaud Cerutti, le 17 novembre 2021

 

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