• Faut-il tirer à boulets rouges sur Novak Djokovic?

    Imprimer

    .jpg

    La polémique est lancée et sans doute va-t-elle encore fait jaser durant toute la semaine. Après la révélation des contrôles positifs au Covid-19 de Grigor Dimitrov, Borna Coric et de deux autres membres des staffs en plein Adria Tour, cette exhibition créée par Novak Djokovic pour combler le vide dû à la crise, le No 1 mondial s’en prend plein la tête en ce lundi estival. A raison? Un peu, oui, mais pas complètement non plus. Attention, je ne cherche pas ici à le dédouaner, car il ne peut effectivement pas se croire chef de tout mais être responsable de rien. Reste que j’estime qu’il faut tempérer un peu les ardeurs de ceux qui seraient prêts à lui retirer tous ses titres puis à l’envoyer sur le bûcher car quelques-uns de ses acolytes ont contracté le coronavirus.

    Parce que non, personne n’a obligé les actrices et acteurs de cette exhibition à s’y rendre. Toutes et tous sont majeurs et vaccinés (enfin, pas tout à fait) et avaient libre choix d’aller ou non (se) faire des câlins à Belgrade puis à Zadar. Et puis, il faut bien le dire, au point où nous en sommes, et à moins de vouloir rester cloitré le restant de sa vie chez soi, le désir de retrouver un peu de vie normale réside en chacun de nous. Cela va aussi logiquement pour les joueuses et joueurs professionnels. Mais effectivement, pousser le vice jusqu’à aller se trémousser en boîte de nuit (certains excellent d’ailleurs à faire la chenille…!) et à s’enlacer tous les quarts d’heure n’était apparemment pas l’idée du siècle.

    Là où le bât blesse toutefois, c’est que cette exhibition a d’abord servi de promotion de lui-même à Djokovic, lequel s’est pourtant moqué des mesures de bon sens (aucune lotion désinfectante pour l’accès au stade ou aux conférences de presse, stades remplis alors qu’ils auraient pu être organisés pour entrer dans la normale des distanciations sanitaires…) en se servant du public et de la publicité de cet évènement pour tenter de gagner encore un peu de crédit. Puis lorsque son coach, Goran Ivanisevic, déplore d’être hué au moment de l’annonce de l’annulation de la finale de l’étape de Zadar, en prétextant que «ce n’est pas moi qui ai contracté le virus», il y a clairement un manque de respect mais une culture de l’indécence dans les propos. Mais Novak Djokovic est-il pour autant responsable des sorties du lauréat de Wimbledon 2001?

    En revanche, le No 1 mondial - qui espère ne pas être appelé NoVax Djokovid - est bel et bien responsable de sa conduite des dernières heures, qui l’a vu quitter la Croatie pour rentrer chez lui, refusant d’être testé à Zadar, car il «ne ressentait pas de symptômes». En ce lundi après-midi, l’intéressé a tout de même passé un test à Belgrade, mais même si celui devait se révéler positif, il sera sans doute rendu public comme étant négatif, histoire que «Nole» ne se couvre pas de ridicule jusqu’au bout.

    Subsistent deux questions: primo, qu’adviendra-t-il de la saison tennistique, censée se relancer au mois d’août, mais dont l’organisation, déjà complexe, risque d’être bousculée par cet Adria Tour que d’aucuns ont déjà rebaptisé «Cluster Tour». Deuxio, le fait que plusieurs joueurs, qui se sont pourtant frottés à Coric et Dimitrov, aient été contrôlés négatifs ne démontre-t-il pas, aussi, que ce Covid-19 ne s’attrape finalement pas si facilement que cela?

     

    Arnaud Cerutti, 22 juin 2020

    Lien permanent 0 commentaire
  • Roger Federer, le plus dur est à venir

    Imprimer

    405766368_highres.jpg

    Roger Federer lui-même l’avait dit il y a quelques semaines; Severin Lüthi en avait encore parlé voici une poignée de jours: la rééducation du Bâlois ne se passait pas vraiment comme prévu. Et voilà que ce matin, d’un tweet, l’ancien No 1 mondial a confirmé que sa saison s’arrêtait là. Sur un seul tournoi, cet Open d’Australie disputé sur une jambe. L’annonce n’a pas réellement fait l’effet d’une bombe, l’exercice 2020 ayant déjà suffisamment été tronqué pour que le choc passe plus aisément, mais elle pose tout de même une petite question.

    Que cette saison s’achève prématurément pour «RF» n’est à proprement parler pas une terrible nouvelle, mais c’est plutôt ce qui pourrait se tramer pour l’avenir qui suscite les interrogations et nourrit le débat. Il se trouve en effet que tout Federer qu’il est, «Rodg» devrait, au mieux, renouer avec le circuit à 39 ans et demi. Un âge presque canonique à ce niveau d’exigences que propose le «Tour». Autant dire que pour un presque «quadra», enchaîner les grosses performances face à des joueurs toujours plus jeunes et plus en forme semble quasi mission impossible sur le long terme. Et ce bien que son bras soit le plus beau qui soit!

    Sa capacité à pouvoir revenir au sommet après douze mois d’absence et avec près de quarante années dans les pattes pose question. En leur for intérieur, ses plus fidèles supporters craignent que cette carrière majuscule, hors-norme, ne s’achève sur une triste blessure, au bout d’une année 2020 cataclysmique. 

    «Je veux prendre le temps pour revenir à 100% et pouvoir jouer à mon meilleur niveau», promet pourtant Federer dans son communiqué. Son optimisme légendaire est peut-être la meilleure des choses au moment où le doute s’insinue dans l’esprit des suiveurs et alors que ses records sont en passe d’être battus par Rafael Nadal et Novak Djokovic. 

    Impossible, on nous l’a encore répété ce matin, n’est pas «Rodgeur». Mais le plus dur est à venir. Qu’il revienne en 2021 à son plus haut niveau et remporte de nouveaux titres ne serait même plus un miracle. Juste un truc de dingo.  

    Arnaud Cerutti, le 10 juin 2020

    Lien permanent 0 commentaire