• Saint-Gall-Servette: l'inattendue affiche de l'année

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    Saint-Gall-Servette, telle sera donc la vraie affiche de ce début d’année en Super League. Rares sont ceux qui auraient cru la chose possible il y a encore sept mois en arrière, lorsque sonnaient les trois coups de la saison 2019/2020 et que Young Boys passait pour le favori No 1 à sa propre succession, avec le FC Bâle sur ses talons. On savait, bien sûr, que les Genevois pouvaient proposer du beau jeu et dessiner assez rapidement leur maintien. On était alors conscients, aussi, que les Brodeurs avaient les moyens de s’installer dans le quatuor de tête pour viser une place européenne. Mais de là à voir le FCSG en tête du championnat le 2 février, avec un SFC 4e à seulement trois points du FC Bâle, il y a un pas que même leurs entraîneurs respectifs n’auraient certainement pas osé franchir.

                Et pourtant, dimanche au Kybunpark, Saint-Gall et Servette vont croiser le fer dans un match qui pourrait être l’un des plus plaisants de l’exercice. Ces deux équipes, en effet, sont celles qui cultivent les deux plus beaux footballs du pays. Joueuses, offensives et bien organisées, elles ont les arguments pour signer un très joli printemps et aller peut-être au-delà de leurs ambitions. Il s’agirait de gagner le titre pour les Alémaniques et de devenir Européens pour les Romands. A moins que ce duel ne brise l’élan de l’un ou de l’autre? La question se posera suivant le dénouement de cette rencontre. Pour l’heure, chacune des deux formations aspire à poursuivre sur sa lancée, peu importe qui se trouve en face.

                Le FC Saint-Gall a montré qu’il allait encore falloir compter sur lui en cette deuxième partie de saison. Il a déjà prouvé que son automne fracassant n’était pas qu’une histoire de chance. La manière avec laquelle il a joué le coup dimanche à Bâle, dans un match gagné à la dernière seconde mais qu’il a parfaitement maîtrisé, a administré la preuve qu’il avait davantage d’outils en magasin que ce que ses adversaires soupçonnaient.

    Il faut voir en cette réussite la patte remarquable de l’entraîneur allemand Peter Zeidler. Homme intelligent, posé et modeste, l’ancien coach du FC Sochaux effectue un travail remarquable avec ses ouailles, qui forment pourtant la plus jeune équipe du pays. Formateur dans l’âme, il a trouvé les ressources pour en faire un collectif de rêve, au sein duquel chacun tire à la même corde que le partenaire. Et dire qu’il y a trois ans en arrière, ledit Zeidler n’était soi-disant par armé pour faire gagner la Coupe de Suisse au FC Sion…

                L’avis de Christian Constantin ne compte plus désormais, comme il ne compte pas davantage aux yeux d’Alain Geiger, auquel le président valaisan n’a jamais songé à confier les rênes de son club, qui tire pourtant la langue depuis longtemps. Presque dénigré par certaines pensantes du foot suisse à une époque, Geiger a réussi sa reconstruction grâce à la confiance que lui ont témoignée les dirigeants du Servette FC, mais aussi grâce à sa force de caractère, à son intelligence. Malgré sa longue absence des pelouses helvétiques et malgré son âge qui ne fait plus de lui un «technicien DVD, réseaux sociaux» (tiens, et si c’était sa force?), les Genevois lui ont offert une possibilité de rebondir. Le brave ancien défenseur l’a saisie de manière remarquable. D’abord en bâtissant un joli groupe à Genève, en lui conférant des idées de beau jeu, puis en le faisant monter en Super League.

                Sauf qu’une fois arrivé là, le perfectionniste Geiger a décidé de poursuivre son chemin, en renforçant encore cet effectif, en continuant à miser sur l’offensive et à faire preuve de culot. Bref, en gagnant avec la manière. Ce qu’il réalise avec le Servette FC est juste admirable. Il ne reniera pas ses principes dimanche à Saint-Gall. Et peu importe si lors de son dernier voyage en Suisse orientale, le SFC en a pris trois dans les bagages. Après tout, soit on gagne, soit on apprend, non?

     

    Arnaud Cerutti, le 4 février 2020

     

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