08/01/2019

Envie de rêver avec Roger Federer

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L’Open d’Australie frappe à notre porte et tout le monde, forcément, s’en réjouit. Il faudrait être maso pour ne pas s’impatienter de suivre les premiers échanges qui se disputeront dans la touffeur de Melbourne. Tournoi mythique, l’«AO» convoque chaque année d’énormes attentes et une réelle excitation, tant il remet sous les feux des projecteurs des personnages que l’on a, pour certains, plus vus depuis deux mois.

Bien que beaucoup de choses laissent penser que le tableau masculin débouche sur une ultime empoignade entre Novak Djokovic et Rafael Nadal, il en est un sur lequel on ne serait pas contre le fait de miser notre chemise: Roger Federer, bien entendu. Lui aussi trépigne d’impatience à l’idée de «grimper» sur la Rod-Laver Arena pour y défendre sa double couronne australienne. Vainqueur (magnifique) en 2017, joli lauréat encore l’an dernier, le Bâlois ne serait pas contre l’idée de réaliser un «trois à la suite» qu’il n’a jamais signé à Melbourne. Mais, sachant que ses 37 ans ont déjà bien sonné, les parieurs ne le mettent pas en toute première ligne. Lui-même a d’ailleurs bien compris que s’il venait à s’imposer encore cette année sur les bords de la Yarra, il faudrait considérer cela comme un exploit majuscule. «Tout le monde a compris, vu mon âge, que gagner l’Open d’Australie serait quelque chose d’extraordinaire, disait-il avant le Réveillon. Alors ça paraîtrait assez logique que je n’y arrive pas…»

Reste que dans un coin de sa tête, l’homme aux 20 titres du Grand Chelem espère bien signer un nouveau gros coup dans son petit paradis australien. Peu importe que Djokovic ait marché sur les deux derniers tournois majeurs. Peu importe que Nadal se remette très vite de ses petits «bobos»; sa préparation hivernale s’était parfaitement déroulée, ses sensations (physiques et techniques) étant meilleures qu’en fin de saison dernière, «RF» se sent apte à aller loin dans ce décor qu’il adore.

Bien qu’il faille encore attendre le tirage au sort pour savoir où le tableau peut le mener, il suffit de voir son sourire, sa décontraction et son activité sur les réseaux sociaux pour voir que «Papy» est bien sa tête, bien dans son corps et bien dans ses baskets. Il compte faire davantage que de la résistance à Melbourne, peut-être même marquer encore un peu plus l’histoire. La qualité du tennis qu’il a pratiqué à la Hopman Cup l’a rassuré.

A l’attaque de cette première levée du Grand Chelem 2019 en tant que No 3 ATP, une place qu’il pourrait perdre s’il ne conserve pas sa couronne de Melbourne, Federer devra se donner le droit de profiter de la première semaine pour peaufiner encore les derniers réglages et, si possible, débouler frais comme un gardon dans l’ultime ligne droite de la quinzaine. Tel serait le scénario de rêve, à condition - évidemment - d’éviter un écueil du genre d’Andreas Seppi, son surprenant bourreau de 2015.

Quatre ans après ce revers inattendu, le Bâlois est cependant armé pour ne pas retomber dans de tels travers. Surtout qu’en dehors de John Millman, Sam Querrey, Feliciano Lopez, Tomas Berdych, Jo-Wilfried Tsonga ou… Stan Wawrinka (les trois derniers cités ayant chuté au classement ATP), rares sont les joueurs qui semblent en mesure de le perturber d’ici aux 8es de finale. Alors malgré Djoko et Nadal, Federer croit en sa bonne étoile. A raison? On a envie de dire que oui et de rêver avec lui!

 

Arnaud Cerutti, 8 janvier 2019

 

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01/01/2019

En Australie, un gros manque nommé Del Potro

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Ainsi donc Juan Martin Del Potro ne disputera pas l’Open d’Australie. La nouvelle est tombée au soir du 31 décembre, et c’est forcément le genre d’annonce qui vous coupe dans votre élan. Le saumon devient insipide, le beurre fade et le digestif n’a subitement plus ni goût ni valeur, à moins de tripler la dose. Histoire d’oublier. Mais comme une bonne cuite, l’absence de l’Argentin vous rattrape tout de même quelques heures plus tard.

Et à dire vrai, à deux semaines du rendez-vous de Melbourne, on sent déjà que les alentours de la Rod-Laver Arena seront en manque. «Del Po» avait en effet le profil même du «poil à gratter», la tête de celui qui aller pouvoir brouiller les cartes et mettre le bazar dans ce qu’il reste du «Big Four». Son profil de cogneur, joueur superbe capable d’envoyer des parpaings en fond de court, faisait déjà trembler Djokovic, Nadal et Federer.

Del Potro absent, les souris dansent? Ce n’est pas tout à fait cela, mais son forfait donne un peu d’air aux cadors et au tableau, puis entrouvre peut-être la voie du dernier carré à un membre de la «NextGen». Emmenée par sa locomotive Alexander Zverev, futur No 1 ATP, cette génération-là doit saisir sa chance cette année, et ce dès cet Open d’Australie. La succession définitive des «monstres» de la décennie écoulée se prépare maintenant.

Il est trop tôt bien sûr pour évoquer plus en profondeur la première levée du Grand Chelem, mais en dehors de Zverev se bousculent déjà au rayon des invités «surprises» potentiels les noms de Coric, De Minaur, Khachanov, Medvedev et autre Tsitsipas. Musique d’avenir certes, mais nul doute que cette volée-là a davantage de coffre et d’audace que celle qui l’a précédée, génération Dimitrov, Nishikori, Raonic... Pourquoi? Parce qu’elle a vu ce à quoi se sont heurtés les 1989, 1990, 1991. Mais aussi car les plus anciens, qui ne prennent pas ombrage de son ambition, l’ont adoubée, au contraire de la précédente.

Federer ou Djokovic ont pris pour habitude de couver ces nouveaux venus, de leur prodiguer des conseils, de les inviter à s’entraîner avec eux. Signe sans doute qu’ils espèrent que ces gars-là franchiront le pas pour prendre leur relais, d’ici quelques mois. Ou maintenant, déjà? Musique d’avenir, on l’a dit.

Au présent, on vient d’entrer dans une nouvelle année, une nouvelle saison, et sans Juan Martin Del Potro, malheureusement. Mais avec pas mal d’espoirs pour vivre un cru 2019 d’exception. Et celui-ci le sera encore plus si l’Argentin revient rapidement à 100% sur le plan physique.

Avec les trois premiers mondiaux actuels, la NextGen qui se rebiffe, Murray et Wawrinka sur le retour, un Del Po conquérant et le reste de la clique (Cilic, Isner, Goffin, Edmund, Kyrgios, Schwartzman, Fognini, Anderson, Thiem, Nishikori...), le printemps 2019 pourrait être monstrueux. Et alors on ne se souviendrait même plus des digestifs du 31.12.2018.

 

Arnaud Cerutti, le 1 janvier 2019

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16/12/2018

Xherdan Shaqiri, «XS», est bien redevenu XXL

Gary NevXS_Shaqiri.jpgille a dû en ravaler sa salive. Lui, ancien défenseur de Manchester United et ex-international anglais, a beau s’être mué en un consultant reconnu au Royaume-Uni, ses tirades estivales sont devenues des brimades hivernales. Rappelez-vous: lorsque Liverpool recruta Xherdan Shaqiri au mois de juillet, le désormais homme de médias avait sorti la mitraillette. «Pour être honnête, je ne suis pas du tout un fan de ce joueur, avait-il alors dit. Son comportement n’est pas le bon et il vient de le prouver en se distançant de ses coéquipiers de Stoke City dans la bataille contre la relégation. Il n’est pas professionnel et son attitude des dernières semaines vient de le prouver. Franchement, je ne peux pas voir des joueurs comme lui, capables de marquer le but du tournoi comme il l’a fait à l’Euro 2016, mais d’être concrètement inexistants le reste du temps

Cinq mois plus tard, et encore plus parce qu’il a aperçu dimanche «XS» marcher sur son club de cœur, Neville doit revoir son jugement. Car oui, depuis son arrivée à Anfield Road, le Bâlois est littéralement transfiguré, peut-être meilleur que jamais. Nous en parlions déjà au début de l'automne, mais les choses ont encore évolué depuis. Son doublé face à Manchester United, alors qu’il n’était entré en jeu qu’à vingt minutes du coup de sifflet final au moment où les «Reds» se voyaient tenus en échec, confirme que c’est un Shaqiri nouveau - ou revigoré - qui a pris ses quartiers sur les bords de la Mersey. Ce qu’il y réalise est phénoménal. On est loin des errances connues avec l’Inter Milan ou de l’inconstance crasse des trois dernières années, à Stoke ou avec l’équipe de Suisse.

Le costaud Xherdan performe, il a le sourire et il est bien dans ses bottes. Nul doute que l’environnement qu’il a trouvé dans une ville folle de foot n’est pas innocent dans sa réussite actuelle. Plus encore que d’avoir renoué avec Mohamed Salah, son ancien partenaire au Parc Saint-Jacques, l’Helvète a découvert en Jürgen Klopp une sorte de deuxième père, un entraîneur qui le comprend mieux que personne. Son envie de bien faire n’est plus à démontrer. Il prend qui plus est les choses avec humilité, qu’il doive entamer la rencontre ou jaillir du banc. «Xherdan est un garçon très doué, qui peut avoir une grande influence sur un match, se félicitait dimanche soir le technicien allemand. Il est capable de renverser le jeu, d’accélérer, etc. C’est ce qu’il a parfaitement réalisé dès son entrée contre Manchester

Grâce à cela, Liverpool garde la tête du championnat et réalise le meilleur début de saison de son histoire. Et au milieu de tout cela, Shaqiri, qui peut logiquement être félicité pour son arrivée fracassante à Anfield Road, savoure cette entame quasi parfaite, tout en restant sur ses gardes. «C’est bien sûr incroyable ce que nous vivons, mais maintenant il faut pouvoir continuer, dit-il. Le but est de pouvoir répéter semaine après semaine ce genre de performances

Elu homme du match contre «ManU», le lutin a faim et il promet de ne rien lâcher. «Que je commence le match ou que je sois remplaçant, j’essaie toujours d’avoir un impact dès le moment où j’entre sur la pelouse, lâche-t-il encore. Alors actuellement, je ne peux qu’être ravi.» Et tout un club mythique l’est autant que lui...

 

Arnaud Cerutti, le 16 décembre 2018

 

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