Roger Federer: 2020, avec l'envie d'y croire

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Même s’il ne s’agira peut-être pas de l’année de ses adieux, le Bâlois sait que sa carrière se rapproche gentiment de sa fin. Il entend toutefois se battre encore pour les grosses récompenses. Mais le peut-il?

 

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On ignore si celle-ci sera la der. Notre petit doigt nous dit d’ailleurs qu’il est possible que «l’ancien» en prenne pour un petit peu plus et que, finalement, cette saison ne se conclura pas par ses adieux, mais là ne se trouve pas aujourd’hui le sujet principal concernant Roger Federer. L’année de ses 39 ans, le Bâlois, qui n’a surtout pas envie de parler de retraite, continue en effet de s’imaginer en possible vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem. Comme dirait l’autre, c’est «couillu». Alors certes, il y a encore six mois il passait à un «tout, tout, tout petit» point de s’adjuger Wimbledon, mais rien n’indique aujourd’hui qu’une nouvelle possibilité - à Londres ou ailleurs - s’offrira au maestro. L’immortalité de Rafael Nadal, l’incassable Novak Djokovic, la solidité trouvée par Dominic Thiem et la montée en puissance d’une «Next Gen» dont quelques membres commencent à avoir enfin de quoi viser très haut (Medvedev, Tsitsipas et Zverev) sont autant d’arguments pour dire que la voie d’une 21e couronne s’annonce bien compliquée à défricher pour «RF» - marque bientôt retrouvée.

Mais peu importe, finalement, que les astres ne semblent actuellement pas s’aligner pour l’ancien No 1 mondial (et toujours No 3). Lui veut y croire. Parce que quand son tennis est là, si magnifique, si exceptionnel, il peut effectivement battre tout le monde. Parce que quand le physique suit, il peut tenir la cadence, y compris contre ses deux plus grands rivaux. Et parce qu’à Melbourne ou à Wimbledon, il est toujours capable d’aller écrire un autre chapitre de sa merveilleuse histoire. Alors oui, Roger Federer entame son exercice 2020 avec une envie qui ne semble jamais s’atténuer. On dirait même que sa passion pour le jeu et son amour pour les émotions que lui procure ce sport grandissent d’année en année. Alors oui, il a sans doute été assommé (comme nous tous) par cette horrible fin de journée du 14 juillet dernier, mais il sait aussi la chair de poule qu’il aurait eue s’il n’avait pas «gaufré» ses deux possibilités de titre sur le tapis de Church Road.

De fait, c’est convaincu de pouvoir demeurer l’un des géants du jeu, ce qu’il est depuis près de vingt ans maintenant, que Federer va lancer sa saison à l’Open d’Australie. Là-bas, il aura beaucoup à gagner, douze mois après son échec en 8es de finale contre un Stefanos Tsitsipas qui n’était à l’époque pas encore aussi solide qu’aujourd’hui. Sur les bords de la Yarra, où il s’était imposé les deux fois précédentes, l’homme aux 20 titres du Grand Chelem (record toujours en vie, mais pour combien de temps?) devra éviter de se poser trop de questions. L’idéal serait qu’il puisse y mettre les pieds avec la même insouciance qu’il y a trois ans en arrière, lorsque revenu de blessure, il avait signé l’un des plus beaux retours de l’histoire du tennis en allant y enlever ce qui était alors son 18e sacre majeur. Mais est-ce seulement possible de renouer avec ce niveau de jeu, ce niveau de Dieu, qu’il avait promené au fil d’une quinzaine achevée par cette formidable finale retournée contre Rafael Nadal?

Musique d’avenir. Comme toute la saison, d’ailleurs, qui dira concrètement ce que peut viser l’Helvète ces prochains mois. Mais nul doute qu’il a toujours dans le viseur le record de titres ATP détenu par Jimmy Connors. Nul doute qu’il espère évidemment réussir son Wimbledon et son ultime tournée olympique, quatre ans après son absence sur blessure à Rio. Puis, enfin, qu’il aspire à conclure son exercice par une nouvelle tournée du patron dans sa ville de Bâle et une énième participation au Masters de Londres, le dernier qui se disputera sur les bords de la Tamise. Après? On verra.

Mais il est fort probable que ce que Roger Federer réussira (ou non) au fil des onze prochains mois déterminera ce à quoi ressemblera la suite de sa carrière. Et, partant, le visage que prendra le tennis en 2021.

 

Arnaud Cerutti, le 4 janvier 2020

 

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Commentaires

  • Je pense que ce serait le moment pourtant. Et vous parlez déjà de 2021 !

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