Rafael Nadal: en 2020, et de deux qui font 21?

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Il a été de ceux qui ont marqué 2019 de leur empreinte et il faudrait semble-t-il un cataclysme pour qu’il ne figure pas dans douze mois au sein de la liste de ceux qui auront «fait» 2020. Rafael Nadal a en tout cas tout entre les mains, dans les jambes et dans la tête pour être encore l’un des grands bonshommes d’une année, pour marcher - avec Novak Djokovic, sans doute - sur le monde du tennis. Mais plus encore, mieux encore, l’actuel No 1 mondial a l’occasion de mettre la légende à ses pieds, de devenir définitivement le plus grand joueur de l’histoire - en termes statistiques du moins - en faisant grimper jusqu’à 21 son nombre de titres du Grand Chelem remportés. Il dépasserait ainsi la marque encore détenue par Roger Federer (20), si bien sûr celui-ci ne parvient plus à mettre un majeur dans l’une de ses poches, ce qui semble assez probable avec l’usure du temps.

Pour parvenir à ses fins, «Rafa» devra enlever deux nouveaux trophées du Grand Chelem dans les douze mois qui viennent, et si cette mission peut sembler compliquée à l’échelle d’un tennisman lambda, elle ne semble pas du tout inaccessible à celui qui a gobé Roland-Garros et l’US Open en 2019. La manière avec laquelle il terrorise chaque printemps ses adversaires sur la terre battue parisienne laisse d’ailleurs penser qu’avant même le coup d’envoi de l’édition 2020, Nadal a déjà un «demi-Roland» de plus dans son armoire à trophées. Au-delà ce qu’il a l’habitude de présenter à Paris, il faut surtout reconnaître que l’évolution de son jeu au fil du temps donne à l’Espagnol toutes les raisons de se voir en mesure d’ajouter plusieurs immenses tournois à sa carte de visite. Et puisque son corps, mis en doute par Andre Agassi il y a de cela déjà près de quinze ans, fait plus que tenir la rampe, on se dit que l’histoire du jeu n’a pas fini d’être écrite par son impitoyable main gauche.

Toujours capable d’être à l’heure au rendez-vous de Roland, le natif de Manacor reste un bastion quasi imprenable au meilleur des cinq sets. Son expérience, sa combativité, son réalisme et sa justesse de jeu finissent par éreinter ses adversaires. On l’a encore vu dernièrement à l’US Open. Et chacun a bien noté que seuls un stratosphérique Novak Djokovic à Melbourne et un super Roger Federer à Wimbledon ont réussi à l’arrêter en 2019 dans les tournois du Grand Chelem. C’est dire qu’à bientôt 34 ans, la «caisse» physique de Nadal est en acier trempé. Sa tête paraît encore plus solide qu’il y a douze mois en arrière. En témoigne la manière avec laquelle il s’est reconstruit après sa défaite en demi-finale de Monte-Carlo qu’il avait considérée comme un bide personnel. «Je suis descendu très bas mentalement en 2019, a-t-il encore récemment rappelé dans L’Equipe, mais j’ai réussi à me reprendre et à retrouver mon niveau maximal

Peut-être n’était-il même jamais apparu aussi fort et aussi complet qu’à la fin de cet été où, mû par une confiance inébranlable, il est parvenu à remonter jusqu’au trône mondial, chipé in extremis à Novak Djokovic. Oui, Rafael Nadal a été le grand personnage de la saison écoulée. Lui-même continue de se surprendre jour après jour. A tel point qu’il ignore quand est-ce que tout cela va s’arrêter. On est cependant sûr que son rythme fou se poursuivra en 2020 pour lui permettre de marquer l’histoire. Même si Günter Bresnik, l’ancien coach de Dominic Thiem, laisse entendre que le «Big Three» ne vampirisera plus tous les trophées ces prochains mois, l’Espagnol a vraisemblablement bien assez d’armes «en magasin» pour s’adjuger quelques-unes des plus belles récompenses.

Il sera donc intéressant de le suivre, sans avoir des calculs trop difficiles à faire. Car avec lui, l’opération «un plus un» fera vingt et un. 

 

Arnaud Cerutti, le 31 décembre 2019

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Commentaires

  • Djokovic dépassera ce nombre.

  • On peut toujours rêver

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