FC Sion: et si, finalement, Constantin avait perdu la flamme?

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On connaissait la (fameuse) chenille qui redémarre. Au FC Sion, c’est l’éternel cirque qui, chaque fois, recommence. Le club n’a plus de coach officiel, en ce moment. Sans grande surprise, finalement, puisqu’il pique simplement sa traditionnelle crise d’octobre-novembre. A Tourbillon, le marasme est comme la Saint-Martin chez nos amis jurassiens; une tradition. Si bien que les entraîneurs qui s’installent sur le banc valaisan ont pour habitude, avant même de songer à passer l’hiver, de ne même pas franchir l’automne. Stéphane Henchoz est le dernier à avoir été victime de l’énigmatique contexte sédunois.

Jamais l’ancien défenseur n’a pu (su) faire passer son message dans le vestiaire. Mais est-ce uniquement de sa faute? Certainement pas, sachant que tous ses prédécesseurs se sont heurtés aux mêmes problématiques. En plus de se retrouver devant un groupe sans joueur de caractère ni leaders, ils ont dû se «coltiner» Christian Constantin. Attention, l’homme est assurément un grand entrepreneur, un personnage qui a déjà marqué l’histoire de la Suisse romande et un homme sans qui le Valais n’aurait plus de club professionnel depuis bien longtemps, mais il est trop envahissant dans son club pour qu’un technicien puisse convenablement exercer son métier au FC Sion. Tous le disent: travailler au FC Sion devient vite invivable pour un entraîneur. Et maintenant que «CC» a délégué un peu de pouvoir à son fils, les choses ne vont pas mieux. Au contraire.

Oui, vous le devinez à travers ce billet, il y a clairement de la frustration voire un peu de tristesse à se voir ces Sédunois creuser plus bas saison après saison. Car ce club, qui dispose d’une si riche histoire, ne mérite pas de voir son passé piétiné tel qu’il est en ce moment par un groupe qui n’a aucune idée de ce que représente ce maillot rouge et blanc. Depuis combien de temps les Valaisans, si souvent bercés par les retournements de situation en Coupe de Suisse, n’ont-ils plus concrètement vibré pour leurs couleurs?

Poser la question est rappeler que le FC Sion vogue dorénavant d’échecs en échecs. Aux promesses d’avant-saison, qui évoquent une place en Ligue des champions voire une capacité à mettre des bâtons dans les roues du FC Bâle, succèdent trop rapidement les déceptions et les matches à couteaux tirés contre… le FC Thoune ou le FC Lucerne. On est loin, très loin, d’une rencontre au sommet au Parc Saint-Jacques.

Pourtant, et c’est bien pour cela que la frustration se manifeste, n’importe quel club suisse qui disposerait du budget du FC Sion aurait au moins accroché une place en Ligue des champions ces vingt dernières années. Mais à Tourbillon, on n’y arrive pas. Parce que l’ingérence présidentielle ne mène à rien? Ou simplement parce que les techniciens et les joueurs choisis n’ont pas le niveau et ne parviennent pas à répondre aux exigences du «boss»?

Le plus terrible, dans la situation actuelle, est certainement de voir Christian Constantin donner l’impression de baisser les bras. Lui, l’homme fort, capable des plus belles tirades, qui a contribué à construire un mythe, ne semble plus autant donner d’importance aux résultats que par le passé. On commence à croire qu’il s’est résolu à laisser le FCB et YB survoler la Super League. Se dégage de plus en plus le sentiment que, depuis la première finale de Coupe de Suisse perdue en 2017, quelque chose s’est littéralement brisé en lui. Que le cœur n’y est plus tout à fait. Comme si ce qui se trame sur le rectangle vert est presque devenu secondaire, à ses yeux. Est-ce vraiment possible chez un tel passionné, chez un tel battant? L’échec d’il y a deux ans sur la pelouse du Stade de Genève a-t-il été la déception amoureuse de trop, au point de lui enlever cette incroyable force de caractère qui a fasciné au-delà de la Porte d’Octodure?

Le choix de son prochain entraîneur et, surtout, la construction de la prochaine saison (oui, oui, il faut déjà y penser vu comment tourne celle-ci) nous en diront plus sur l’appétit de «CC». Mais on n’ose pas imaginer qu’un jour l’intéressé ne puisse pas, au moins encore une fois, faire redémarrer la chenille avec ses joueurs. Mais la vraie. Celle qui permet de célébrer les plus beaux triomphes.

 

Arnaud Cerutti, le 11 novembre 2019

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