Elina Svitolina: le pari pas encore gagné

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Le 28 octobre 2018, Elina Svitolina semblait avoir mis les pieds dans une autre galaxie. Définitivement. En remportant le Masters WTA de Singapour, la joueuse ukrainienne donna en effet sur le moment l’impression de pouvoir marquer pour de bon les esprits, s’imaginant même en mesure de parvenir à s’ouvrir rapidement un nouvel horizon, celui d’une future lauréate de Grand Chelem. Les augures, c’est vrai, étaient bons, à l’époque. Dans un circuit féminin ouvert à tous les vents, en pleine mutation et à la recherche d’une patronne (qu’il n’a d’ailleurs toujours pas trouvée), il y avait un vrai coup à jouer pour celle qui avait grimpé jusqu’au 4e rang mondial à la faveur de son succès asiatique. Peut-être pas jusqu’à devenir la grande locomotive de la WTA, mais l’idée qu’elle puisse enfin aller remporter un tournoi majeur commença logiquement à faire son chemin. Ses qualités parlaient - et parlent encore - pour elle.

Seulement, un an après avoir enlevé un Masters qui, depuis quatre saisons, s’offre à des joueuses inattendues (Agnieszka Radwanska, Dominika Cibulkova et Caroline Wozniacki l’ont gagné avant elle), la jeune femme d’Odessa n’est finalement pas parvenue à forcer la porte du club des vainqueurs de Grand Chelem. Ses deux demi-finales 2019 en «majeurs», à Wimbledon (défaite contre Simona Halep), puis à l’US Open (Serena Williams), n’ont en rien comblé son appétit. «Svito»  - qui avait remporté Roland-Garros junior en 2010 - aurait aimé pouvoir faire mieux, pouvoir faire plus, mais cette incapacité à faire la décision dans la dernière ligne droite est en quelque sorte le reflet de sa saison; loin d’être mauvaise, mais en définitive pas à la hauteur des aspirations initiales.

Sans le moindre trophée à déposer dans son armoire 2019 (elle a disputé trois autres demi-finales, à Doha, Dubaï et Indian Wells), Elina Svitolina ressortira donc clairement frustrée de cet exercice si elle ne concrétise pas lors du prochain Masters, à Shenzhen cette fois-ci, où elle aura une couronne à défendre. Mais peut-elle y parvenir alors qu’elle a fait preuve d’une réelle inconstance ces dernières semaines?

«J’ai eu un peu de peine ces derniers temps, mais maintenant que ma qualification pour le Masters est en poche, je suis libérée mentalement, car j’ai réalisé l’un de mes objectifs de la saison, lâchait-elle ces dernières heures en conférence de presse. Physiquement, cela va bien aussi. Alors je vais tout donner pour boucler au mieux mon année.»

Dans un monde idéal, il ne lui reste «que» cinq matches à gagner en Chine (même quatre pourraient suffire) afin de conserver ce qui reste à ce jour le plus beau titre de sa carrière. «Mais il faut avoir de la confiance pour entrer à fond dans ce genre de tournoi, expliquait-elle encore récemment. Celle-ci vient à force de remporter de gros matches. Elle permet à un athlète d’être régulier et c’est ce qui m’a parfois manqué cette année.»

Un peu «ailleurs» par moments depuis qu’elle est tombée en amour avec Gaël Monfils, Elina Svitolina a aussi dû jongler avec quelques pépins physiques et estime que ceux-ci peuvent en partie expliquer ses quelques errances, notamment au cœur du printemps sur une terre battue que, d’ordinaire, elle affectionne tout particulièrement: «Des blessures m’ont dérangée à plusieurs moments cette saison. Je n’étais par exemple pas à 100% à Roland-Garros. A cette période, j’ai vécu de très mauvaises semaines. Mais malgré tout, je crois pouvoir tout de même tirer un bilan positif de 2019.»

Même sans titre majeur à brandir à la face du monde, l’Ukrainienne veut continuer d’avancer. Avec le sourire et, surtout, une grande foi en ses moyens. Car son «pari Grand Chelem» n’est pas perdu; il est simplement pas encore gagné.

 

Arnaud Cerutti, le 17 octobre 2019

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Commentaires

  • Un peu comme Roger..............................avant !

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