• Dani Vallverdu, une bonne pioche pour Wawrinka

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    Stan Wawrinka a donc annoncé ce lundi une nouvelle collaboration. A partir de ce mois de juin, le Vaudois verra son staff complété par la présence à ses côtés de Daniel «Dani» Vallverdu, le coach de 33 ans appelé à collaborer avec Magnus Norman et Yannick Fattebert. Comme en 2016 et 2017 avec Richard Krajicek et Paul Annacone (deux expériences pourtant guère concluantes), «Stanimal» entend s’appuyer sur un nouvel avis pour se donner les moyens de franchir au mieux la saison sur gazon, durant laquelle il aura de précieux points à «gratter». Sur le papier, cette décision apparaît comme très intéressante, puisque le jeune technicien a déjà travaillé avec succès en compagnie de grands noms. On peut citer Grigor Dimitrov, duquel il s’est séparé le mois de dernier, mais aussi Tomas Berdych et surtout Andy Murray. Aux côtés d’Ivan Lendl, le Vénézuélien a été pour beaucoup dans la mue de l’Ecossais en vainqueur de Grand Chelem. Tous les suiveurs assidus du jeune savent qu’en dépit de son jeune âge et de sa très modeste carrière de joueur (il n’est jamais entré dans les 700 mondiaux), l’homme est un fin connaisseur du jeu. Il y a peu, Juan Martin Del Potro avait d’ailleurs tenté de s’attacher ses services sur le long terme après une brève collaboration. En vain.

    Et voilà donc que c’est Stan Wawrinka qui l’aura dans son box ces prochaines semaines. Avec pour but de grimper encore dans la hiérarchie mondiale et, pourquoi pas, d’atteindre à terme le Masters de fin d’année, que Vallverdu avait remporté en 2017 avec Dimitrov. Musique d’avenir, cependant. Au passé, le Vénézuélien a donc vite abandonné sa carrière pour se consacrer au coaching. Ancien joueur de l’Académie Sanchez-Casal, où il avait rencontré Murray à l’adolescence, «Dani» n’a pas cessé de prendre du galon depuis l’année 2010, date de ses premiers pas en tant que coach ou assistant-coach aux côtés du double champion olympique. Sa profonde science du tennis n’est plus à démontrer. Il a pour habitude d’étudier le jeu comme personne et de cerner à la perfection les forces et faiblesses des hommes. C’est ainsi qu’avec Lendl il complétait parfaitement l’équipe de Murray.

    Récemment, Vallverdu - qui réside à Zürich - avait tenté de prendre la place de Justin Gimelstob au board de l’ATP. Sans doute que c’est mieux de le voir autour des courts qu’en coulisses. Il peut apporter beaucoup à Stan Wawrinka. Qui, pour la petite histoire, avait battu… Dimitrov l’an dernier au 1er tour de Wimbledon.

     

    Arnaud Cerutti, le 10 juin 2019

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  • Rafael Nadal: too big too fail

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    D’une année à l’autre, Roland-Garros a au moins le mérite de soulever une interrogation: qu’y a-t-il de plus à dire ou à écrire sur Rafael Nadal qui n’ait pas déjà été dit ou écrit? A force que tous les lundis d’après-tournoi se ressemblent - à trois infimes exceptions - les mots se répètent et tous les superlatifs sont réemployés. Cela pourrait en devenir lassant si le respect et l’admiration ne se renforçaient pas dans le même temps. Car oui, gagner douze titres du Grand Chelem est remarquable. Et triompher à douze reprises sur la même place (rouge) l’est encore plus. Surtout quand on peut légitimement se mettre à penser qu’à ses douze succès, le bougre peut en ajouter trois ou quatre autres, encore, et au minimum. Chapeau, Monsieur «Rafa»!

    Bien que ses détracteurs n’en peuvent plus de passer leur début de mois de juin à le voir s’allonger sur l’ocre parisien ou croquer dans la Coupe des Mousquetaires, force est de reconnaître une bonne fois pour toutes que l’ancien No 1 mondial est un véritable monstre de son sport, une légende. La manière avec laquelle il a une fois de plus traversé sa quinzaine à «RG» est à saluer. Jamais il n’a tremblé. Ni face au vent venu s’inviter dans sa demi-finale contre Roger Federer. Ni devant Dominic Thiem après que celui-ci eut égalisé à une manche partout. Mieux, à ce moment-là, le «Matador» a donné un nouveau coup d’accélérateur, il a empêché l’Autrichien d’entrer dans le terrain, il est allé l’assommer au filet. Il n’existait pas plus belle manière de défendre son territoire et «Rafa» l’a fait en patron. C’est lui qui est allé chercher ce trophée. Personne ne le lui a donné.

    Dans cette finale, la grande force de Nadal est d’avoir su se montrer plus offensif encore pour ne pas laisser le moindre doute s’insinuer dans son esprit. Comme tout au long de sa majestueuse carrière, l’Espagnol a réfléchi et choisi les bonnes options afin d’aller au bout de ses idées. Au bout du rêve. Et ce qu’il y a de formidable chez lui est de voir à quel point son jeu a évolué entre 2005, date de son premier sacre à Roland, et cette douzième couronne cueillie dimanche. «Rafa», ce n’est pas qu’un coup droit et une bête physique qui essore ses adversaires; c’est un joueur plus complet que jamais, muni d’un revers déroutant et, mine de rien, d’un service et d’une volée parfaitement à la hauteur de sa réputation. Oui, un monstre, écrivais-je.

    A Roland plus qu’ailleurs, sa maestria s’exprime à merveille. Là-bas, il y est tout simplement «Too big too fail». Mais il serait injuste de réduire l’aura et le potentiel du bonhomme à ses multiples quêtes parisiennes ou à sa domination sur terre battue. Nadal va d’ailleurs tenter de démontrer qu’il vaut bien plus que cela (si certains en doutent encore) dans trois semaines à Wimbledon, puis ensuite à l’US Open. Avec, dans le viseur et quoi qu’il en dise, le record de 20 titres du Grand Chelem actuellement détenu par Federer, qu’il devrait bien finir par battre un jour. S’il dit ne pas vouloir être frustré par le fait que «mon voisin ait une plus grande maison que la mienne» (sic!), le joueur de 33 ans n’est effectivement pas loin de pouvoir concrètement bâtir de vrais châteaux en Espagne, désormais. Avec treize, quatorze, quinze titres parisiens dans sa besace?

    Si le physique suit, il n’y a aucune raison que la collection ne s’agrandisse pas. Et alors reviendra la même interrogation. Que peut-on dire ou écrire de plus? Rien. Juste lui témoigner du plus grand respect et d’une immense admiration.

     

    Arnaud Cerutti, le 10 juin 2019

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  • Contre Nadal, mission impossible pour Federer. Sauf que...

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    Les fans de tennis se retrouvent comme des gamins auxquels on aurait annoncé que Noël a lieu demain. A peine Roger Federer avait-il laissé Stan Wawrinka dans le quart de Roland-Garros que tous les yeux se sont tournés vers la demi-finale qui opposera ce vendredi le Bâlois à son meilleur ennemi, Rafael Nadal. L’affiche vaut effectivement son pesant de cacahuètes. Elle convoque autant les merveilleux souvenirs et les images de combats dantesques qu’elle laisse naître les rêves les plus fous, comme celui de voir «Papy» faire encore un peu de résistance et écrire une autre page d’histoire, à presque 38 ans, dans la droite ligne de sa somptueuse symphonie de l’Open d’Australie 2017, moment irréel qui avait rappelé la grandeur du bonhomme, dans un merveilleux ballet. Tiens, et si «RF» venait à battre enfin l’Espagnol dans son jardin parisien?

    Poser la question suffit à donner l’envie d’y croire. Cela permet aussi à tout un chacun de retrouver son âme d’enfant devant le sapin en terre battue, de rêver à un «truc de fou». De croire au… Papy Noël. Oui, d’imaginer que ce vendredi 7 juin puisse devenir un moment d’éternité pour le plus grand joueur de l’histoire. Sauf que la lucidité vient bousculer tous les rêves. Certes, on aimerait bien éviter de penser que ce rendez-vous peut virer au cauchemar sur le court Philippe-Chatrier, s’insinue tout de même l’idée que ce nouvel acte de la rivalité «Fedal» a, a priori, tout pour prendre une tournure similaire à la finale de 2008, lorsque le «Maître» n’y avait vu que du jeu.

    Parce que oui, encore une fois Nadal vit une promenade de santé à Roland-Garros. Parce que oui, Nadal reste l’ogre de l’ocre, imbattable et imprenable à Paris. Parce que oui, sa fraîcheur physique lui permet plus que jamais d’envisager soulever une douzième fois la Coupe des Mousquetaires dimanche en fin d’après-midi. Et surtout parce que Federer ne l’a jamais battu sur ce terrain-là, même au plus fort de son tennis. Parce que Roger a 37 ans bien sonnés et plus les mêmes jambes qu’avant. Puis parce que ce Federer, aussi fabuleux et aérien puisse-t-il encore être par moments, n’a pas toujours convaincu au filet contre Wawrinka. Or, le Bâlois ne pourra pas battre Nadal à Roland-Garros sans jouer l’attaque à outrance et, surtout, exceller dans ce rôle-là, avec une réussite maximale.

    Alors bien sûr, la vérité de mardi ne sera pas forcément celle de vendredi, mais cela fait beaucoup d’interrogations pour un exploit. Difficile d’y croire, donc. Les arguments ont-ils douché les espoirs des fans du Suisse? Peut-être. Mais avec son expérience, Roger Federer est venu livrer une autre vérité mardi soir, en rappelant que les circonstances importent peu et qu’il y a toujours une chance, en tennis: «Rafael peut avoir un problème, il peut être malade… Vous ne savez jamais ce qui peut se passer

    Non, on ne sait pas. C’est aussi cela qui fait le charme du «truc», d’ailleurs. Parce que même si tout nous indique que Nadal filera en finale, rien n’est encore acquis. Pour tout dire, la merveilleuse détermination et la passion qui guident encore le vieux sage bâlois – «Si je suis revenu sur terre battue, c’est pour y jouer Rafa», a-t-il dit mardi – ont l’heur de nous laisser rêveur, en ce moment. Sans doute parce que sans un peu de foi les rêves les plus fous ne se réalisent pas. Et sans doute aussi car en janvier 2017, personne n’aurait cru Federer capable d’empocher l’Open d’Australie.

    A l’époque, il ne savait pas que c’était impossible. Alors il l’avait fait. Gageons que personne ne lui dira d’ici vendredi que battre ce Nadal-là à Paris est quelque chose d’irréalisable. Après tout, les fans de tennis ne rêvent-ils pas que ce soit Noël jusqu'au bout de la quinzaine?

     

    Arnaud Cerutti, le 5 juin 2019

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