Geneva Open: un sale tour pour Johan Nikles

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Pour orner son plateau 2019 d’un joli «susucre», comme une cerise sur un gâteau soudainement apparu bien fadasse en raison des désaffections de dernière heure, le Geneva Open a cueilli Alexander Zverev à l’ultime seconde. C’est bien. Très bien même, sachant ce dont est capable l’Allemand, pétri de talent. En plus de faire oublier les absences «last minute» de Fabio Fognini et Daniil Medvedev, sa présence dans le tableau des Eaux-Vives confère un autre lustre à cette cuvée 2019. Elle lui donne du corps, un goût de «reviens-y».

Aux yeux du grand public, elle est un gage de qualité. Elle permet même de rêver à une éventuelle finale entre lui et Stan Wawrinka, samedi prochain. Imaginez: un «futur No 1 ATP» contre un triple vainqueur de Grand Chelem comme point final le 25 mai? L’affiche serait merveilleuse pour clore la semaine avant que le grand train de l’ATP ne prenne la route de Roland-Garros.

Il vaudrait d’autant mieux pouvoir bien conclure ce Geneva Open, sachant que celui-ci s’ouvre sous le sceau de la polémique, de l’injustice. Eh oui, Johan Nikles - plus grand espoir du tennis genevois avec Antoine Bellier - a eu beau gagner son billet pour le tableau qualificatif, les organisateurs lui ont finalement retiré le sésame! «Jo» avait pourtant tout fait tout juste en s’offrant les «qualifications des qualifications» organisées par Swiss Tennis, ceci au bout de quatre rencontres enlevées avec brio. Sauf que pour faire entrer Grigor Dimitrov en qualifications du «GO», les organisateurs, pas vraiment «GO» sur ce coup, ont «soigneusement» décidé de lui ôter ce droit. Vous avez dit «scandaleux»?

Nikles, 22 ans, se retrouve donc le bec dans l’eau, sans grande perspective sinon celle de jouer les sparring-partners durant la semaine. Et pendant ce temps-là, les Ulises Blanch, Kaichi Uchida ou Marko Miladinovic auront le droit de batailler en qualifs. Sans compter que les semi-retraités Feliciano Lopez et Janko Tipsarevic ont bénéficié d’une invitation dans le tableau final, tapis rouge en prime...

Alors oui, Nikles ne fait peut-être pas vendre des billets. Mais le talent d’un joueur local, pur produit GRTA, mérite une récompense, encore plus lorsque celle-ci a été arrachée avec maestria. À Genève, d’aucuns ont-ils oublié qu’on n’insulte pas l’avenir? 


Arnaud Cerutti, le 18 mai 2019

 

 

Lien permanent 1 commentaire

Commentaires

  • "on n’insulte pas l’avenir"
    Vous êtes bien optimiste: l'avenir est fait d'oublis.

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