Servette FC: une promotion qui ne tomberait pas du ciel

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On ne va rien se cacher: samedi, notre fin de journée a viré au Grenat. On a d’abord écouté religieusement – sauf sur les buts, où le silence de cathédrale était interdit – les excellents commentateurs de www.ge-sports.ch nous narrer le match Schaffhouse-Servette, puis on a regardé plus tard Lausanne s’embourber dans la neige argovienne. Le scénario idéal s’est déroulé dans nos oreilles puis sous nos yeux. Dimanche matin, le SFC s’est réveillé à un point de la Super League, à un tout petit pas d’un truc monstrueux, sans doute plus beau encore que le 31 mai 2011, lorsque Bellinzone avait fini par trinquer sous la pression de la bande de Joao Alves.

Huit ans (déjà!) ont passé depuis cette nuit magique et, entretemps, Servette a de nouveau tout connu. Institution du football suisse, le club genevois avait tutoyé l’Europe dans l’enchaînement, puis s’était quasi retrouvé en état de mort clinique, la faute à d’anciens dirigeants ayant perdu la tête. Ceci avant de trouver un second souffle, merveilleux, porté par le président Didier Fischer et son staff, puis par Alain Geiger, ses acolytes, et un collectif de joueurs joliment encadré par Anthony Sauthier. Des hommes qui, eux, ont tous la tête bien rivée sur les épaules. La promotion est donc à portée de crampons et même s’il ne s’agit pas de vendre la peau de l’ours, il faudrait un cataclysme pour que le SFC ne retrouve pas sa vraie place parmi les dix meilleurs clubs du pays. L’histoire est en marche. Un retour dans l'élite ne tomberait en rien du ciel. Il constituerait un juste retour des choses au vu du travail fourni par les uns et les autres. Il serait le fruit de ce dévouement au SFC.

L’exploit pourrait être pour vendredi, contre Lausanne, dans un stade que l’on espère plein comme un œuf. Remplir l’antre grenat pourrait être l’occasion rêvée de vivre un moment légendaire du football genevois, mais aussi le meilleur moyen de saluer le parcours du SFC au fil des quatre années écoulées.

Car oui, si tout cela ne se voit pas toujours sur la vitrine ou ne saute pas aux yeux du grand public, force est de constater qu’un labeur énorme, stratosphérique, a été fourni pour que les Grenat puissent se retrouver là où ils sont aujourd’hui. Les Servettiens ont trimé dur. Sur le terrain de jeu bien sûr, là où les attendaient des adversaires tous désireux de les faire tomber, mais aussi – et surtout – en coulisses, pour redonner une identité à ce club. Afin de lui redonner son pouvoir d’attraction, du lustre et une nouvelle image; saine, dynamique, positive. C'est tout cela qu'il faudra fêter si promotion il y a.

Jusqu'à présent, tout s’est gentiment mis en place pendant que les victoires redonnaient un élan sportif au SFC. La matière grise a agi afin de (re)dessiner les contours d’un club qu’il s’agit de prendre à nouveau au sérieux. La patience des dirigeants est en train de payer. Rien ne s’est fait dans la précipitation. Au contraire, tout s’est fait avec intelligence, lucidité et persévérance. Aux éventuelles erreurs du début ont succédé des choix pertinents, réfléchis. Osés, parfois, aussi.

Reste qu’au fil du temps, le puzzle s'est assemblé pour que la Super League reprenne des couleurs grenat d'ici au mois de juillet prochain. Il est presque l’heure de fêter cela. En remplissant le Stade de Genève, puis en prenant au moins un point sur les quatre matches qui restent. Ce serait un tout petit point dans l’histoire du football, mais un immense point pour toute la famille servettienne, qui mérite de vivre sa promotion.

 

Arnaud Cerutti, le 6 mai 2019

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