Steve von Bergen: l'adieu d'un champion

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Il a longtemps hésité, il avoue avoir pesé le pour et le contre, s’est demandé s’il devait prolonger l’aventure encore une saison, peut-être sous les couleurs de son club de cœur, Neuchâtel Xamax, mais non; dans quelques semaines, Steve von Bergen va bel et bien actionner le clap de fin sur sa carrière. A presque 36 ans, après quatre titres nationaux et cinquante capes internationales, le défenseur de Young Boys formé à la Maladière sort par la grande porte. En champion et en patron. S’il a été bien moins médiatique que ses presque contemporains Johan Djourou ou Philippe Senderos, il n’en demeure pas moins que c’est une figure marquante du football suisse qui s’apprête à ranger pour de bon ses crampons.

Son parcours professionnel, du FC Hauterive à la Ligue des champions avec YB en passant par le Hertha Berlin, l’Italie ou deux participations à des Coupes du monde parle pour lui. La confiance que tous ses coaches lui ont vouée aussi. «SvB» parle peu, mais parle bien. Il a parfois dérangé aussi, par son franc-parler. L'un de mes anciens collègues disaient haut et fort le détester. Sans doute car il n'avait compris que de son analyse ressortaient toujours les mots justes...

Sur le terrain, ses pieds, son sens du placement et de la relance disaient beaucoup de ses qualités. Ce n’est pas un hasard s’il a fait partie des deux seules équipes à avoir brisé l’hégémonie extraordinaire du FC Bâle. Le FCZ d'abord. YB ensuite. Oui, jusqu’au bout, le Neuchâtelois a plané sur la Super League. Il a en outre gagné le respect au-delà de nos frontières.

A Berlin, où Lucien Favre l’avait emmené dans ses bagages, von Bergen s’était installé avec humilité au cœur de la défense du Hertha. «Le saut était immense par rapport au championnat de Suisse», se souvenait-il récemment dans la presse dominicale. Mais il était parvenu à le faire en travaillant intelligemment, comme toujours. Pour ensuite convaincre Ottmar Hitzfeld de le lancer régulièrement en équipe nationale. Il fut notamment brillant contre la Grèce en éliminatoires du Mondial 2010 aux côtés de l’impérial Stéphane Grichting.

Dix ans plus tard, la Coupe du monde est loin derrière mais subsistent une flopée d’excellents souvenirs. Dont les derniers, peut-être les plus forts, avec cette participation à la Ligue des champions ou ses deux quêtes nationales de rang avec des Young Boys qui sommeillaient sur plus de trois décennies de frustration. Pas de doute: avec le départ à la retraite de Steve von Bergen, la Super League vit l’adieu d’un champion.

 

Arnaud Cerutti, le 22 avril 2019

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