Murray, l’adieu d’un géant

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Ainsi donc, Andy Murray (pas encore 32 ans) s’apprête à mettre tout bientôt un terme à sa magnifique carrière. Tombée la nuit dernière pour nous, l’annonce n’a pas réellement constitué un choc tant il était clair qu’au vu et au su de ses problèmes de hanche, l’Ecossais, ancien No 1 mondial, n’allait pas pouvoir poursuivre indéfiniment à tirer sur la corde.

Si cette retraite n’a assurément pas l’impact qu’auront celles à venir (un jour...) du légendaire Roger Federer, du monstre Rafael Nadal ou de l’ogre Novak Djokovic, il n’en demeure pas moins que se retire maintenant une autre figure marquante du tennis du XXIe siècle. Murray n’a peut-être pas marqué l’histoire de son sport de la même manière que les trois susmentionnés - question de palmarès surtout - mais il a contribué lui aussi à l’essor du tennis, à en écrire quelques chapitres de légendes au prix de combats dantesques.

Oui, il est l’heure de dire merci à Andy pour ce qu’il a amené au sport. Ce n’était pas un attaquant, non, mais un très solide joueur qui a su se remettre en questions pour à son tour atteindre le haut de la pyramide, en novembre 2016, au prix d’une deuxième partie de saison phénoménale. Son accession au trône mondial a autant constitué son Graal qu’amorcé le début de sa fin, puisque c’est à partir de là, une fois au sommet, que le gamin de Dunblande, rescapé d’une tuerie, a collectionné les pépins physiques.

Avant cela, Andy Murray avait fait preuve d’une énorme abnégation et fourni un immense labeur pour surpasser les trois autres membres du «Big Four» et se constituer à son tour un palmarès à la mesure de son potentiel et des promesses contenues dans son bras droit. Jusqu’au bout, il aura mis la même application et les mêmes ingrédients pour tenter de revenir au plus haut niveau. En vain. Foutue hanche!

Ses trois titres du Grand Chelem, ses deux couronnes olympiques et ses plus de trente semaines dans la peau d’un No 1 mondial, l’Ecossais les a dus autant à sa ténacité qu’à son intelligence dans la collaboration avec deux techniciens qui l’ont porté très loin: Ivan Lendl et Amélie Mauresmo.

Alors oui, au vu et au su de tout cela, il n’est pas inutile de dire qu’Andy Murray va manquer au jeu, au circuit et aussi aux conférences de presse. Son humour «so british», son autodérision et ses petites phrases désopilantes vont rapidement être regrettées, en Australie d’abord puis dans le reste du monde ensuite.

Même si son tennis ne faisait pas toujours des étincelles, Murray était un grand joueur et est surtout un grand bonhomme. Une fois le chapitre de sa carrière de joueur refermé, c’est ce personnage adorable, papa de deux enfants et anobli par la Reine, qu’il faudra suivre de près. Car on peut être certains que même sans raquette en main, le jeune homme aura encore beaucoup à apporter au monde du sport. 

 

Arnaud Cerutti, le 11 janvier 2019

 

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Commentaires

  • Merci pour ce Très Bel Hommage rendu à un des quatre grands du tennis de ces dernières années, Monsieur Andy Murray

    Belle semaine à vous

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