01/01/2019

En Australie, un gros manque nommé Del Potro

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Ainsi donc Juan Martin Del Potro ne disputera pas l’Open d’Australie. La nouvelle est tombée au soir du 31 décembre, et c’est forcément le genre d’annonce qui vous coupe dans votre élan. Le saumon devient insipide, le beurre fade et le digestif n’a subitement plus ni goût ni valeur, à moins de tripler la dose. Histoire d’oublier. Mais comme une bonne cuite, l’absence de l’Argentin vous rattrape tout de même quelques heures plus tard.

Et à dire vrai, à deux semaines du rendez-vous de Melbourne, on sent déjà que les alentours de la Rod-Laver Arena seront en manque. «Del Po» avait en effet le profil même du «poil à gratter», la tête de celui qui aller pouvoir brouiller les cartes et mettre le bazar dans ce qu’il reste du «Big Four». Son profil de cogneur, joueur superbe capable d’envoyer des parpaings en fond de court, faisait déjà trembler Djokovic, Nadal et Federer.

Del Potro absent, les souris dansent? Ce n’est pas tout à fait cela, mais son forfait donne un peu d’air aux cadors et au tableau, puis entrouvre peut-être la voie du dernier carré à un membre de la «NextGen». Emmenée par sa locomotive Alexander Zverev, futur No 1 ATP, cette génération-là doit saisir sa chance cette année, et ce dès cet Open d’Australie. La succession définitive des «monstres» de la décennie écoulée se prépare maintenant.

Il est trop tôt bien sûr pour évoquer plus en profondeur la première levée du Grand Chelem, mais en dehors de Zverev se bousculent déjà au rayon des invités «surprises» potentiels les noms de Coric, De Minaur, Khachanov, Medvedev et autre Tsitsipas. Musique d’avenir certes, mais nul doute que cette volée-là a davantage de coffre et d’audace que celle qui l’a précédée, génération Dimitrov, Nishikori, Raonic... Pourquoi? Parce qu’elle a vu ce à quoi se sont heurtés les 1989, 1990, 1991. Mais aussi car les plus anciens, qui ne prennent pas ombrage de son ambition, l’ont adoubée, au contraire de la précédente.

Federer ou Djokovic ont pris pour habitude de couver ces nouveaux venus, de leur prodiguer des conseils, de les inviter à s’entraîner avec eux. Signe sans doute qu’ils espèrent que ces gars-là franchiront le pas pour prendre leur relais, d’ici quelques mois. Ou maintenant, déjà? Musique d’avenir, on l’a dit.

Au présent, on vient d’entrer dans une nouvelle année, une nouvelle saison, et sans Juan Martin Del Potro, malheureusement. Mais avec pas mal d’espoirs pour vivre un cru 2019 d’exception. Et celui-ci le sera encore plus si l’Argentin revient rapidement à 100% sur le plan physique.

Avec les trois premiers mondiaux actuels, la NextGen qui se rebiffe, Murray et Wawrinka sur le retour, un Del Po conquérant et le reste de la clique (Cilic, Isner, Goffin, Edmund, Kyrgios, Schwartzman, Fognini, Anderson, Thiem, Nishikori...), le printemps 2019 pourrait être monstrueux. Et alors on ne se souviendrait même plus des digestifs du 31.12.2018.

 

Arnaud Cerutti, le 1 janvier 2019

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