16/01/2019

Affaire Maudet: journalisme et mots doux

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A sa création, et même encore aujourd’hui, le but de ce blog était de parler de sport, de sport et rien que de sport. Aujourd’hui, j’ai toutefois envie de faire une entorse à cette idée pour la simple et bonne raison que, comme beaucoup de Genevois (enfin, j’imagine), j’ai suivi hier soir les différents «lives» de l’Assemblée Générale du PLR au sujet de l’Affaire Maudet. Loin de moi l’envie de me pencher sur tout cela ni de donner mon avis et encore moins de vous parler de politique (je ne soutiens aucun parti plus qu'un autre), mais juste de revenir sur quelques-unes des choses qui y ont été publiquement dites. Car certaines réactions sont graves. Très graves. Pour ne pas dire dangereuses.

Il se trouve en effet qu’au fil des trois heures de débats, nombre de personnes s’en sont pris aux médias. Il y a été pêle-mêle question de «journalisme de bas étage», de «tsunami médiatique», «d’accusations fantaisistes», de «cabale», d’un «scénario façon Netflix»… Pis, durant cette soirée, les journalistes ont été comparés à des poux. D’aucuns ont même souri de voir une jeune consœur relater les débats, ironisant au passage sur sa présumée inexpérience. Est-ce oublier que la valeur n’attend pas le nombre des années?

Au-delà de ce dernier exemple, qui n’illustre que le manque de lucidité de certains, je trouve littéralement insupportables toutes les critiques susmentionnées, visant à décrédibiliser une profession et des gens qui ne font finalement que leur métier, au plus près de leur conscience, sans viser à cacher une partie de la vérité. Sauf qu’a priori, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, à écrire, voire surtout à entendre. Surtout quand elles vous touchent directement.

Après s’être moqué d’EAG ou des Socialistes lorsqu’ils ont été, en leur temps, secoués par les vagues, c’est désormais une grosse partie des PLR qui s’insurge de voir les révélations s’enchaîner. Ils râlent. Pestent. Dénoncent. Encouragent même, pour certains, à écraser du journaliste. Maudits mots doux, dont ils ne mesurent certainement pas la portée. Dois-je rappeler ce à quoi mènent aujourd’hui les actions des Gilets Jaunes, en France?

Certes, nous n’en sommes heureusement pas encore là, à Genève. Mais au rythme où vont les choses, à la vitesse à laquelle la haine du journaliste commence à monter chez certains, et ce peu importe leur orientation politique, il est à craindre qu’un jour tout cela débouche sur le même scénario. Qui ne ressemble pas à un contenu romantique. Même chez Netflix.  

 

Arnaud Cerutti, le 16 janvier 2019

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13/01/2019

Oui, Novak Djokovic est le grandissime favori

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On a beau gratter un peu partout, analyser, fouiner et retourner la question dans tous les sens; non, on ne voit pas qui d’autre que Novak Djokovic ériger en grand favori de l’Open d’Australie, qui débute la nuit prochaine. Même si Roger Federer évolue la socquette légère, aérien comme dans ses plus grands moments, même si Rafael Nadal peut toujours réaliser un grand coup (bien qu’apparemment, comme Jean-Claude Dusse, il ne puisse pas tout miser sur son physique), c’est bel et bien le Serbe qui déboule à Melbourne avec l’étiquette d’homme à (a)battre.

Peu importe qu’il reste sur une élimination au 2e tour (en 2017) et un revers en 8es de finale (l’an dernier), il demeure actuellement le personnage qui domine le circuit, celui qui maîtrise au mieux son sujet. Son statut de No 1 mondial et ses dernières quêtes à Wimbledon et à l’US Open l’ont regonflé à bloc, lui ont remis le vent dans le dos et l’ont surtout réinstallé sur les rails de la gloire après deux années mornes. Alors certes, le «Djoker» n’est peut-être pas aussi fort qu’en 2015 (encore que…), mais il est redevenu le patron.

L’Open d’Australie, donc, l’observe avec l’idée que le No 1 mondial pourrait bien en redevenir le roi après y avoir embrassé sa dernière couronne il y a trois ans, après y avoir battu Andy Murray en finale. Et à ceux qui viennent calmer les ardeurs serbes en rappelant que «Nole» n’a pas remporté les trois derniers tournois disputés et, pire, qu’il s’est incliné contre Roberto Bautista Agut à Doha, on rappellera qu’il était émoussé à Bercy, sur les rotules au Masters et pas encore totalement à son affaire au Qatar.

Surtout, à l’heure où s’ouvre la première levée du Grand Chelem 2019, il est bon de rappeler que le Djokovic qui peut parfois s’égarer au meilleur des trois sets est un tout autre joueur lorsque s’invitent les combats au meilleur des cinq sets. Qui plus est, le sol de la Rod-Laver Arena est son merveilleux terrain, celui où il multiplie les uppercuts comme d’autres les pains. A moins d’un coup de mou, il y pratique régulièrement son meilleur tennis et il faut livrer une partition sans fausse note, pour ne pas dire héroïque, pour le faire céder. Demandez donc à Stan Wawrinka ce qu’il a dû faire pour l’inquiéter une première fois en 2013 avant de finalement se l’offrir magistralement douze mois plus tard!

Aujourd’hui, le Novak Djokovic qui a rallié les bords de la Yarra ressemble davantage à celui de 2015 et 2016 qu’à celui des éditions 2017 et 2018. Cela suffit à allumer une lumière de terreur dans les yeux de ses adversaires. Et, surtout, cela confirme qu’il est, de loin, le grand favori de ce rendez-vous. Pourra-t-il assumer ce statut et embrasser son 15e titre majeur, marque de Pete Sampras définitivement dépassée?

 

Arnaud Cerutti, 13 janvier 2019

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11/01/2019

Murray, l’adieu d’un géant

Ainsi donc, Andy Murray (pas encore 32 ans) s’apprête à mettre tout bientôt un terme à sa magnifique carrière. Tombée la nuit dernière pour nous, l’annonce n’a pas réellement constitué un choc tant il était clair qu’au vu et au su de ses problèmes de hanche, l’Ecossais, ancien No 1 mondial, n’allait pas pouvoir poursuivre indéfiniment à tirer sur la corde.

Si cette retraite n’a assurément pas l’impact qu’auront celles à venir (un jour...) du légendaire Roger Federer, du monstre Rafael Nadal ou de l’ogre Novak Djokovic, il n’en demeure pas moins que se retire maintenant une autre figure marquante du tennis du XXIe siècle. Murray n’a peut-être pas marqué l’histoire de son sport de la même manière que les trois susmentionnés - question de palmarès surtout - mais il a contribué lui aussi à l’essor du tennis, à en écrire quelques chapitres de légendes au prix de combats dantesques.

Oui, il est l’heure de dire merci à Andy pour ce qu’il a amené au sport. Ce n’était pas un attaquant, non, mais un très solide joueur qui a su se remettre en questions pour à son tour atteindre le haut de la pyramide, en novembre 2016, au prix d’une deuxième partie de saison phénoménale. Son accession au trône mondial a autant constitué son Graal qu’amorcé le début de sa fin, puisque c’est à partir de là, une fois au sommet, que le gamin de Dunblande, rescapé d’une tuerie, a collectionné les pépins physiques.

Avant cela, Andy Murray avait fait preuve d’une énorme abnégation et fourni un immense labeur pour surpasser les trois autres membres du «Big Four» et se constituer à son tour un palmarès à la mesure de son potentiel et des promesses contenues dans son bras droit. Jusqu’au bout, il aura mis la même application et les mêmes ingrédients pour tenter de revenir au plus haut niveau. En vain. Foutue hanche!

Ses trois titres du Grand Chelem, ses deux couronnes olympiques et ses plus de trente semaines dans la peau d’un No 1 mondial, l’Ecossais les a dus autant à sa ténacité qu’à son intelligence dans la collaboration avec deux techniciens qui l’ont porté très loin: Ivan Lendl et Amélie Mauresmo.

Alors oui, au vu et au su de tout cela, il n’est pas inutile de dire qu’Andy Murray va manquer au jeu, au circuit et aussi aux conférences de presse. Son humour «so british», son autodérision et ses petites phrases désopilantes vont rapidement être regrettées, en Australie d’abord puis dans le reste du monde ensuite.

Même si son tennis ne faisait pas toujours des étincelles, Murray était un grand joueur et est surtout un grand bonhomme. Une fois le chapitre de sa carrière de joueur refermé, c’est ce personnage adorable, papa de deux enfants et anobli par la Reine, qu’il faudra suivre de près. Car on peut être certains que même sans raquette en main, le jeune homme aura encore beaucoup à apporter au monde du sport. 

 

Arnaud Cerutti, le 11 janvier 2019

 

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